Ex Anima théâtre équestre Zingaro

A partir du 17 octobre au Fort d’Aubervilliers  Conception, chorégraphie et mise en scène : Bartabas

« j’ai vu parfois dans le regard du cheval, la beauté inhumaine d’un monde d’avant le passage des hommes » Bartabas

Depuis près de 40 ans, Bartabas conçoit et réalise des spectacles équestres qui disent quelque chose du monde du cheval. Plus qu’un monde, un univers. Venue pour la première fois, je vous livre quelques réflexions sur cette immersion étonnante. 

Tout d’abord, l’étrangeté des bâtiments du cirque même. La féérie joue à plein. Pour ceux qui connaissent les abords du Fort d’Aubervilliers, il n’y a là aucune beauté perceptible. Et puis là, au coin d’une rue, une enceinte. Dans cette enceinte, un premier cirque, en bois dans lequel on pénètre en attendant le spectacle, pour prendre un verre, un snack, pour détailler chacun des éléments du décor forain du monde entier. Quelle ambiance ! Il y a possibilité de réserver pour un dîner après le spectacle. 

Puis, après ce premier sas, invités à sortir pour rentrer dans le cirque où le spectacle sera donné, on passe devant des roulottes colorés, d’autres décors, tel cet éléphant monumental :

Pour ceux de ma génération, ce sont délectés du « feuilleton » (on dit maintenant série), toute cette mise en scène rappelle un peu les mystères de l’Ouest et ses sortilèges..

Enfin, commence le spectacle, on est prié de ne pas faire de bruit de ne pas faire de photographie, car ici, le Seigneur cheval règne en maître. Nuit totale, pas un bruit, on prend place, la scène éclairée d’un halo. On n’est pas au cirque Zavatta, ici, spectacle intello, servi par des musiciens en tribune qui jouent une collection de musiques du monde, une flûte et des  instruments rares que l’on distingue difficilement. Bruits de bouche et percussions. Intéressant, potentiellement lassant, je n’achèterais pas le Cd d’Ex anima s’il existe, à chacun son mauvais goût.

J’ai eu un peu de mal à rentrer dans le spectacle. Je ne doute pas un seul instant de la performance technique pour obtenir des chevaux une telle un tel résultat. Chapeau aux dresseurs, on sent un tel respect entre les hommes (silhouettes noires extrêmement discrètes pour laisser la vedette aux équidés), que cela ressemble plus à une collaboration qu’à du dressage. Donc, première scène très longue, chevaux dans la brume et la pénombre, à tour de rôle, ils font comme une petite chorégraphie orchestrée. Puis s’en suit une galerie de tableaux, gais, tels ces magnifiques chevaux blancs qui batifolent, la queue en panache ; drolatiques comme la scène de l’âne et du cheval qui dialoguent ensemble, hi-han et hennissements (on devient bilingue au fil du spectacle) ; dramatiques, comme les chevaux de la guerre de 14, avec leur masque à gaz et le bruit de respiration caractéristique amplifiée ; ceux des guerres napoléoniennes, les bêtes mimant la mort, cavaliers couchés sur leurs dépouilles, tandis que des loups, ou chiens (?) viennent se nourrir des cadavres furtivement ; ceux de la mine, bêtes de somme tractées par un palan…Et puis scènes agrestes, avec les traits et demi-traits, les colombes, le canard. Ouf, on respire un peu. J’ai oublié de vous dire que les bêtes sont magnifiques, peignées, lustrées, étrillées, quelle beauté ! La scène finale est d’un goût étrange, celle du recueil de la précieuse semence de l’étalon. Quel est le message ? Que l’homme ne laisse plus faire la nature et ramène l’animal au rang de … bête. Je lisais quelque part que anima et animal avait la même racine, l’âme du cheval est-elle dénaturée par l’homme ?

Un spectacle fascinant, d’une esthétique très maîtrisée, mais déroutant. J’ai ressenti un certain parti pris contre l’homme, pour le spectateur, en premier lieu, accueilli en gros lourdaud qui n’a qu’à bien se tenir, puis pour l’homme universel qui entraine l’animal dans sa folie, contre sa nature même. Je crois bien que ce message là me dérange un peu. 

Publicités

1 commentaire

  1. Ce qui est étonnant dans ce spectacle, c’est le rapport à l’ésotérisme. Le cheval est divinisé, surpassant l’homme et sa nature. Parfois, cela frôle le ridicule, mais la réflexion rest intéressante ! Très beau spectacle à découvrir !

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s